Images à couper le souffle

J’ai découvert la photo sous-marine en apnée.
Ces derniers mois, j’ai pu bien expérimenter avec l’appareil photo de mon compagnon : un Canon G15 avec caisson étanche. Cela s’est avéré être une vraie découverte.
J’avais déjà pris des photos sous-marines en plongée en scaphandre, mais en apnée, cela devient une toute autre histoire.
Quand on retient sa respiration, le moment devient encore plus suspendu, fugace, furtif. On ressent davantage la satisfaction d’un cliché réussi.
Capture d'une inspiration.

De retour à Toulouse, après trois mois passés à Malendure, à Basse-Terre, en Guadeloupe, je replonge dans ces photos. Il y en a sûrement des centaines. Je trie, je retouche. Je savoure.
Cela me semble presque irréel. Tellement le sentiment de bulle était intense lors de ces plongées.

J’ai vraiment beaucoup documenté mes micro-explorations à Malendure…
Depuis une petite plage, je pars souvent au même endroit.
Seulement quelques 100 à 200 m le long du littoral : le fond marin, couvert de sable gris et de roches émergentes, est tapissé de coraux, d’éponges, d’anémones — de la vie, quoi !
Sur une profondeur de 2 à 6 m.
Un terrain de jeu, où je me sens à la fois chanceuse d’y être, à ma place, et intruse.
L’esprit s’apaise, plus besoin de penser à quoi que ce soit. Le temps s’arrête, pour une heure ou deux. Jusqu’à ce que le froid ou la nuit m’attrape.

Le visage tourné sous la surface, je pars à la rencontre des habitants du récif.
La crevette du Yucatán dans sa majestueuse anémone géante des Caraïbes.
Le diodon moucheté caché sous son rocher.
Le duo de crabes flèches dans une cavité.
Les limaces de mer frisées, camouflées dans les algues.
Les tortues qui volent entre les eaux avec tant d’élégance.
Parfois, une murène dorée ou tachetée, féroce et joueuse, montre sa tête.
Un barracuda, immobile.

En fin de journée, le soleil colore l’eau de tons turquoise et orangés.
Les raies pastenagues s’activent dans le sable.
Subitement, le jour bascule vers la nuit.
En ressortant de l’eau, je me dis : je reviendrai, peut-être demain.